Marius Gilbert / FNRS Senior Research Associate

Université Libre de Bruxelles / Agronomy, geography, epidemiology, livestock mapping

La traduction de ce témoignage a été générée automatiquement par un programme. Merci d’excuser les éventuelles erreurs.

Mes plus grandes craintes portent sur les conséquences du changement climatique en termes d’inégalité, de rupture de cohésion sociale et de conflits. Même si le climat reste viable chez nous, les populations exposées à des conditions invivables ne vont rester tranquillement là où elles sont. La crise des migrants est une alerte tragique de ce qui pourrait survenir dans le futur. 
Mes actions sont de deux ordres. À titre privé, nous avons emménagé dans une maison passive, j’utilise exclusivement les transports en commun pour mes trajets quotidiens et j’essaie de manger local. Mais j’ai encore une voiture et je prends toujours l’avion. Au niveau professionnel, mes recherches fournissent des données précises sur la cartographie globale de l’élevage et celles-ci permettent de mesurer et réduire l’impact environnemental de celui-ci. 
Je vois plusieurs obstacles au changement. D’abord, des mesures efficaces sont forcément impopulaires puisqu’elles modifient les habitudes. Dans un système de démocratie représentative où les mandataires politiques jouent leur avenir à chaque élection, des mesures fortes et contraignantes s’apparentent à un suicide politique. 
Ensuite, nous sommes dans un système économique globalisé, mais dont la gouvernance est principalement nationale. Quel gouvernement prendrait le risque de compromettre la compétitivité de ses entreprises ? Des mesures efficaces requièrent des approches concertées et une gouvernance globale forte, ce que nous n’avons pas.
Il y a aussi le mythe de la technologie qui nous sauvera qui est très répandu parmi ceux qui refusent d’ouvrir les yeux. Aucune technologie ne peut rencontrer la croissance rapide de la demande en énergie et matériaux liée à l’augmentation de la consommation par personne dans la plus grande partie du monde. Le développement de nouvelles technologies et leur adoption prennent du temps, nous n’en avons plus, et le changement climatique n’est qu’une des facettes de la crise environnementale globale.
Enfin, le système de valeurs. Une personne perçue comme “ayant réussi” a généralement une empreinte considérable par la consommation de nourriture, de biens, de mobilité et d’espace. Le marketing renforce en permanence l’illusion que notre bonheur est lié à la consommation et l’accroissement des inégalités exacerbe d’autant la révolte de ceux qui en sont exclus.
Ce qui semble nécessaire, et qui commence à émerger, c’est un système de valeur dans lequel le progrès et le succès individuel s’évalue par de l’immatériel, des liens sociaux, des savoirs, des savoir-faire. C’est difficile, mais c’est un défi à la mesure de notre siècle. 

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