Luc Henrard / Professor

University of Namur / Physics

La traduction de ce témoignage a été générée automatiquement par un programme. Merci d’excuser les éventuelles erreurs.

Dans une expérience typique, un physicien des matériaux étudie la réponse d’un système dans des conditions simplifiées et contrôlées. Il sait qu’intuitivement un être humain pense qu’un petit changement des conditions donnera lieux a un petit changement prédictible du système. Mais les scientifiques ont appris que cela n’est plus le cas pour les systèmes complexes qui sont hors équilibre.
Nous pouvons penser aux salles blanches nécessaires pour la croissance du silicium qui servira pour les dispositifs à base de semi-conducteurs. Un atome mal placé (ou différent) sur 10 milliards rendra votre dispositif in-opérationnel. Il a fallu 50 ans et des millions d’essais et d’erreurs pour arriver à un tel contrôle du résultat final. Nous mettons très rapidement notre planète hors équilibre (la concentration en CO2 n’a jamais augmenté si rapidement), dans une expérience unique et risquée. Et nous n’en avons pas de seconde.
La science des matériaux a déjà donné de nombreuses réponses à la société (cellules photovoltaïques et photothermiques, batteries efficaces et autres dispositifs de conversions d’énergie). Elle en apportera sans doute d’autres, notamment pour remplacer certains minerais difficilement accessibles pour des raisons géologiques, géopolitiques ou liés aux droits de l’homme. La technologie ne sera cependant qu’une partie de la solution. La première raison est que personne ne peut prédire quelle technologie sera disponible dans 20 ans. Pour le comprendre, remettons-nous 20 ans en arrière quand personne ne pouvait prévoir l’importance actuelle des smartphones et des bases de données.
Personnellement, j’ai choisi il y a 15 ans de vivre proche de mon lieu de travail pour éviter l’usage quotidien de la voiture. Dans mon habitation, ma première préoccupation a été l’isolation thermique du bâtiment. Depuis de nombreuses années, je privilégie le train pour les trajets sur des moyennes distances et une grande partie de la nourriture de la famille est locale et bio.
De telles actions individuelles sont promues par le discours ambiant depuis plusieurs années. Le ‘système’ ne va pas (encore ?) dans le même sens. La chose que m’inquiète le plus est que les nouvelles législations, les projets d’infrastructures ou d’aménagement du territoire ne considèrent les vrais enjeux (changement climatique, qualité de l’air et de la nourriture, …) que comme des variables d’ajustement a considérer quand le projet est en phase de finalisation. Ces enjeux doivent être la première priorité.

%d blogueurs aiment cette page :